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 des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)

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Theodore Flores
HONNETE CITOYEN

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MessageSujet: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Mer 7 Fév - 23:04


le froid qui glace le sang. bonnet soigneusement vissé sur la tête. mains bien glissées au fond des poches. retour à blueberry hill. retour pas prévu. ville où il n'était pas censé remettre les pieds. surtout pas pour un bol d'air. ville qu'il a quitté y'a quelques années parce qu'il étouffait. clairement. gamin qui s'était barré, sur un coup de tête, avec une autre. avec sa femme. celle de maintenant. celle a qui il a passé la bague au doigt, pour un peu d'air dans les poumons. pour les cris qui le réveille le matin. le réveillait. parce qu'il s'est encore barré ted. du jour au lendemain, là aussi. marre de cette vie là. ses pieds qui le mène dans les rues de la ville qu'il a si bien connu. qu'il a arpenté pendant tant d'années. qu'il reconnaît, malgré les années. années passées bien loin de là. l'autre bout du pays, ou presque. le bout de ses cheveux qui remuent sous le faible vent. souffle qui franchit ses lèvres. lourd. clairement. l'homme qui retrouve d'anciens points de repère. des boutiques. son ancien job. et y'a des nouveautés. un nouveau café. un bâtiment a l'abandon, total. des têtes qu'il croise. inconnus. quelques visages familiers. qu'il a croisé plusieurs fois y'a un moment. des personnes qu'il a eu comme clients dans le garage. il marche. marche. marche. et se retrouve devant un immeuble qu'il connait bien. trop bien. les escaliers qu'il a gravit des milliers de fois. au moins. son regard qu'il lève jusqu'à l'étage tant connu. qu'il a connu. appartement où il s'est senti enfermé pendant des années. où il a tourné. encore et encore. comme un fauve en cage. a faire entendre sa voix pour gueuler, fort. gueuler sur ofélia à l'époque. souvenirs qui font naître un mince sourire sur ses lèvres. et finalement, sans savoir pourquoi, il s'approche de l'immeuble. les doigts qui tapent le code de l'époque. et ça fonctionne. encore. code inchangé. alors il pousse la porte et s'infiltre dans l'immeuble. bref coup d'oeil sur les boites aux lettres. vérifier si elle est là. toujours là. ofélia bates. le nom toujours là. sur cette même foutue boite aux lettres. elle n'a pas bougé. elle a dit qu'elle ne bougerait pas, à l'époque. elle a tenu parole, elle. fidèle a elle-même. le jeune homme, il s'pense tout permis. pense avoir un quelconque droit a mettre les pieds dans cet immeuble. avoir l'droit de se pointer devant elle, comme ça. du jour au lendemain. sans prévenir. sans que rien ne puisse préparer la gamine. sur le pallier, il n'bouge plus. fait face à la porte. s'demande ce qu'il fait là. c'qu'il veut, au juste, en s'pointant comme une fleur. mais il est là. alors autant aller jusqu'au bout. tout au bout. son index qui appuie sur la sonnette. longtemps. fort. comme il le faisait tout l'temps. sale habitude. et la porte s'ouvre, à la volée. ofélia. dans toute sa splendeur. chignon tout pété sur le crâne. prête a lui gueuler dessus. pour avoir osé laisser sonner cette sonnerie merdique aussi longtemps. mais elle ne dit rien. ne s'attendant sûrement pas a le voir. lui. elle l'observe, regard noir. alors il prend parole. vite. combler le silence. ne pas la laisser prendre parole, de suite. t'as pas retrouvé la montre de mon père ? question con. réellement. parce qu'il l'a sa foutue montre. dans le fond, le fin fond, de son sac. parce qu'après tant d'années, elle l'aurait sûrement jeté. brûlé. explosé, contre le sol, ou un mur. alors il est culotté l'gamin. s'pointer pour demander quelque chose. ne pas s'excuser. toujours pas.
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Ofélia Bates
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MessageSujet: Re: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Mer 7 Fév - 23:16

Il fait froid, suffisamment froid pour que les vitres se teintent parfois de buée. L’appartement est mal isolé, et ce depuis qu’ils y ont emménagé. L’appartement à cette vue époustouflante sur le local à poubelles de l’immeuble d’à côté, et la berceuse mélancolique de la chaudière installée plus bas. Les fenêtres sont closes pour ne pas laisser s’infiltrer le vent. Il fait froid et installée sur le petit canapé du salon, son corps frêle installé en tailleur sur des coussins qui ont perdu de leurs couleurs, Ofélia écrit. Ou plutôt non, elle relit et efface les mots qu’elle écrit, sans cesse. Parfois quand elle lit des romans, des vraies histoires, elle a ce nœud qui se forme dans son ventre, cette pulsation presque électrique qui lui donne envie de poursuivre, de se fondre aux mots, de s’y oublier. Mais jamais dans les siens, jamais dans ses mots. Les mots d’Ofélia sonnent comme la douce arabesque d’un vieil acrobate. Parfois elle n’arrive pas à écrire. Parfois elle se force pour se donner l’impression que rien n’a changé. Pourtant tout a changé. Les voisins d’en face, le propriétaire de la copropriété, le bar à l’angle de la rue et les produits vendus dans l’épicerie d’en bas. L’appartement sonne vide et trop souvent silencieux. Faut dire qu’Ofélia ne reçoit pas, pas vraiment. Drôle d’oiseau sauvage qui reste les portes closes, qui s’aventure chaque matin au dehors pour aller poursuivre son rêve d’écrivain et conter à tout Blueberry les histoires de chiens écrasés et de grand-mères courage. Ofélia qui sur le canapé finit par déposer l’ordinateur portable pour aller se glisser dans la cuisine pour se remplir un mug du café du matin. Quand elle était gamine, elle l’aimait, l’odeur du café quand elle se réveillait et dévalait l’escalier. Son père il sentait souvent le café renversé et la cigarette écrasée.
Il sentait bon.
Il sentait lui.
Ca lui noue parfois le ventre, de l’imaginer loin, de l’imaginer ailleurs. Ours aux traits tirés, il avait cette drôle de manière de raconter les histoires, de parler suffisamment bas pour qu’elle soit la seule à entendre. Il était son héro, quand il glissait ses pieds d’enfants dans ses chaussures trop grandes. Elle riait aux éclats Ofélia.
Parfois elle rit encore comme ça.
Comme avant.
Comme quand il était là.

La tasse entre ses doigts fins, si fins qu’on pourrait les briser, elle s’avance vers le salon Ofélia quand on sonne à la porte. Longtemps. Fort. Les voisins se succèdent, et elle ne connaît plus la moitié de ceux qui vivent à son palier, mais personne ne s’annonce de cette manière. Alors y a ce drôle de nœud qui se noue dans son ventre. Celui qui lui dit de faire taire ce battement dans sa poitrine qui lui dit de hurler au combien la personne derrière la porte peut être dérangeante. Et l’autre qui lui murmure que cette journée ne ressemble à aucune autre. A aucune depuis plusieurs mois maintenant. Parce qu’il n’est plus là et que plus personne ne vient ouvrir cette porte.
Alors Ofélia s’avance, glisse ses doigts autour de la poignée.
Le verrou cède, la porte s’ouvre.
Son coeur s’emballe, elle va mourir.
Son regard se perd, affolé par cette poitrine qui panique.
Ce n’est pas lui.
Ca ne peut pas être lui.

Pourtant elle reconnaîtrait sa voix entre milles, elle reconnaîtrait son regard dans le noir. Et son être tout entier qui lui hurle qu’il est là. Lui. Il est là, devant sa porte. Sa porte à lui aussi. Il est là et les mots qu’il prononce vont comme des poésies qu’on entend sans en écouter le sens. Quelque part, une voix lui murmure de s’accrocher, de ne pas s’effondrer. De ne pas laisser percevoir qu’elle a trop longtemps attendu qu’il vienne frapper à la porte pour lui dire qu’il était là, à nouveau. Qu’il hurlerait à en crever, mais qu’il continuerait de l’aimer.
Il est là et il pourtant, et pourtant Ofélia ne l’écoute pas. Elle a le regard brûlant qu’elle plante sur lui. Et puis rien. Enfant mutique qui observe en silence ce drôle d’animal. Ce chien perdu. Elle a le regard vide et brûlant a la fois. Il souffle et la flamme s’éteint. Alors Ofélia pousse la porte pour qu’il disparaisse de sa vue sans pour autant la fermer. Parce qu’il est ce paradoxe qu’elle souhaiterait voir disparaître mais qu’elle ne peut laisser s’enfuir à nouveau. Alors elle fait demi-tour, ses pieds nus sur la moquette de l’appartement, le regard perdu. Loin, tellement loin. Son coeur va exploser.Alors elle se laisse tomber sur le canapé, retourne le regard vers la porte en espérant qu’il soit entré.
Parce que si il entre, elle pourra mieux lui dire de sortir.
Parce que si il parle, il sera plus facile de lui en vouloir.
Parce qu’il est partit, qu’il l’a laissé étouffer dans sa cage à elle, dans son coeur sans lui. « Qu’est ce que tu fais là Theodore ? » qu’elle murmure. Parce qu’il n’est pas Ted.
Ted est parti.
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Theodore Flores
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MessageSujet: Re: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Jeu 8 Fév - 20:19


il ne devait pas revenir. vraiment pas. ville où il ne devrait jamais remettre les pieds. parce qu'il est partit. comme ça. du jour au lendemain. en suivant cette fille dont tout ce qu'il connaissait était les courbes. le prénom vaguement entendu. aussitôt oublié. c'était censé être une fille, de passage. une distraction d'une nuit. une erreur. sauf que voilà, elle s'est pointée un beau matin. proposition alléchante. se barrer de là. aller loin. et en contrepartie la marier. être là pour l'gosse qu'elle portait. leur gosse, qu'elle portait. fille qui est venue le chercher, chez lui. chez eux. chez lui et ofélia. et lui, il l'a suivi. elle avec son beau sourire. elle et ses robes trop courtes. elle et sa féminité. elle et la vie qu'elle lui promettait. elle et l'grand air qui l'entourait. fuir ofélia. ofélia et cet appartement trop petit. cette ville trop terne. sans vie. ville où il étouffait. réellement. il avait fais l'tour. de la ville. de ce qu'il pouvait faire là. il avait proposé a ofélia de partir, avec lui. ensemble au bout du monde. mais elle avait dit non. un simple non qui a entraîné trop d'choses. bien trop.
mais il est là. de retour. mains dans les poches. le nez rougi par le froid. le cheveux qui se soulèvent sous le petit vent. ted qui regard partout. comme s'il découvrait la ville. comme s'il n'avait jamais mis les pieds ici. mais il reconnaît quelques trucs. des boutiques. des visages. des paysages. ce parc. des allées d'arbres. et finalement, cet immeuble. des mêmes escaliers. cette même porte. et ce même code qu'il tape. code qu'il connaît encore. sur le bout des doigts. ces putains de chiffres qu'il a mit des mois a retenir. et qui maintenant sont dans un coin de sa tête. pour toujours, sûrement. faciliter a tout retenir une fois qu'il l'a appris. et il grimpe. jusqu'à l'étage désiré. les marches qui l'ont vu chuter. qui l'ont vu courir. seul. après ofélia. qui l'ont entendu rire. gueuler. et il est là. devant la porte. les mêmes dégâts a côté de celle-ci. la peinture qui s’effrite. depuis des années. mais ça reste comme ça. tout l'monde s'y habitue. comme tout l'monde a du s'habituer a son absence. et pourtant, ted, il veut savoir si elle, elle s'y est habitué. si elle, elle a tourné la page. si elle lui en veut, encore. si elle a trouvé quelqu'un d'autre. quelqu'un de mieux. mieux pour elle. alors il sonne. longtemps. retient un sourire en imaginant la gamine râler de l'autre côté de la porte. parce que ça ne lui a jamais plu ça. et que ça ne lui plaira jamais.
la porte s'ouvre. d'un coup. ofélia qui se dresse devant lui. gamine qui n'en revient pas. de le voir, là. ça se lit, sur son visage. juste avant qu'il ne redevienne neutre. comme si ça ne lui faisait ni chaud. ni froid. de le voir. de le revoir. elle lui ferme presque la porte au nez d'ailleurs. avant de s'éloigner. il entend les pas. porte qu'elle n'a pas fermé. alors lui, il prend ça pour une invitation a entrer. surtout qu'elle n'a pas répondu. qu'elle n'a pas dit qu'elle n'avait pas cette foutue montre. qu'elle ne l'a pas envoyé chier pour l'culot dont il fait preuve. il entre. le regard qui se pose sur chaque mur. curiosité. voir si les choses ont changées. et c'est le cas. plus aucune photo d'eux. logique. mais y'a les mêmes tableaux. bibelots. les mots d'ofélia qui parviennent à ses oreilles. le prénom. complet. pas ted. non, theodore. ça a le mérite de faire en sorte que toute l'attention du gamin se retrouve sur elle. juste elle. j't'ai dis. j'veux ma montre, ofélia. prétexte bidon. tout pourri, même. mais il persiste. pourtant, son regard dit l'contraire. son regard dit qu'il s'tape de la montre. qu'il est là, pour elle. juste pour elle. mais ted, il repose son regard sur les meubles présents dans le salon. pièce où elle s'est réfugiée. ça n'a pas trop changé. remarque. autant pour lui-même que pour elle.
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Ofélia Bates
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MessageSujet: Re: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Jeu 8 Fév - 21:11

Elle l’observe, animal furtif à l’affût de ce prédateur dont le pas se fait entendre sur la moquette tâchée par les années. Il marche de la même manière qu’il y a quelques années. Quand elle attendait d’entendre la porte se fermer pour venir sauter dans ses bras en riant. Ça lui serre le coeur, tellement fort à Ofélia. Bien sûr qu’elle n’a rien oublié.Elle s’est seulement habituée à son absence, à son lit trop vide le matin, à son appartement trop silencieux le soir. Pourtant elle reste là, dans ce lieu teinté de lui à chaque endroit. Parce que Ted était dans chacun des recoins de cet appartement, caché et silencieux. Mais aujourd’hui Ted est là. Ted qu’elle revoit, partout.
Ca lui bouscule la tête, ces souvenirs trop nombreux.
Ca lui bouscule le coeur.

« Y a pas de montre ici » qu’elle finit par dire alors qu’elle détourne le regard pour ne pas être trahit. Elle voudrait l’observer, encore, pour chercher sur les traits de son visages les détails qui ont changé. Ted a vieilli, un peu. Ses cheveux sont plus longs qu’avant, légèrement. Alors Ofélia sa lève, attrape la tasse laissée sur la table basse pour venir la nicher au creux de ses doigts. C’est fou comme un objet peut vous rendre confiant, comme un objet peut vous rendre grand. Parce qu’Ofélia, avec ses pieds nus, on dirait une enfant. Une gamine au regard brûlant et au cheveux parfois si sombre. Une gamine aux joues rouges et aux lèvres carmin. Drôle d’Ofélia funambule qui glisse son corps jusqu’à la cuisine pour y déposer la tasse encore trop pleine de café.
Il a raison, rien n’a changé.
Parce que garder les meubles à leur place, c’était peut être lui laisser une chance de continuer d’exister.
Une fois, une seule fois elle a tout envoyé valser. Changer le canapé de place, décrocher les tableaux. Il venait de partir, depuis quelques jours à peine. Elle c’était promise de ne pas pleurer pour lui, qu’il n’en valait pas la peine. Pourtant ce jour là, les meubles retirés de leurs places d’origine, elle c’était effondrée, enfant fragile sur le sol. Elle aurait pu l’aimer cent fois Theodore. Elle aurait pu l’aimer encore.
Mais le temps est assassin.
Alors elle hausse simplement les épaules sans le regarder.
Elle aurait du jeter certaines choses.
Elle finira peut être par le faire.

Alors Ofélia, elle disparaît dans la chambre qu’ils partageaient autrefois. Ca dure un temps, pas suffisamment longtemps. Hissée sur la pointe des pieds, elle attrape en haut d’une étagère un sac en plastique resté là depuis trop de temps maintenant. Il est pas vraiment lourd, il porte le poids des souvenirs. Les siens. Les brides de Theodore qu’elle c’était promise de faire disparaître. Mais les objets sont là, des livres, un vieux briquet. Une casquette, une paire de chaussures. Elle revient dans le salon Ofélia, s’approche de lui, debout du haut de sa taille minuscule. Il est immense.
Son regard vient croiser le sien, doucement, comme une caresse. Elle s’y accroche un instant, s’efforçant de ne rien trahir de cette marée rugissante qui s’agite dans sa poitrine. Elle voudrait s’approcher encore pour venir se glisser dans ses bras. Lui murmurer que cette nuit sans lui a été le plus long cauchemar de sa vie.
Parce qu’elle avait finit par apprendre à perdre les gens qu’elle aimait. Cet ami qu’elle devait épouser derrière les toilettes de l’école, avait emporté une partie de son innocence avec lui. Sa mère et ses contes de fées multicolores, avaient fait disparaître une partie de sa rationalité. Son père en s’éloignant avait emporté dans ses poches ce qu’il pouvait exister de maternel chez Ofélia. Mais Ted avait fait pire que les autres. Ted avait oublié de lui rendre son coeur parmi les objets trouvés.
Alors brusquement, elle fuit son regard, s’agenouille sur la moquette devant lui pour venir glisser ses doigts à l’intérieur du sac à trésors de Theodore Flores. Elle en sort un livre. « Je pensais que tu viendrais peut être récupérer tes affaires alors j’avais gardé ça. Elle est peut être là ta montre » qu’elle murmure.
Elle n’a pourtant pas souvenir d’une montre.
Surtout celle de son père.
Parce qu’elle était trop importante pour lui pour qu’il l’oublie ici.
Ofélia quant à elle, il avait oublié de l’emporter.
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Theodore Flores
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MessageSujet: Re: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Jeu 8 Fév - 22:11


ofélia, elle est là. juste devant lui. a portée de main. de lèvres. de tout. il pourrait la prendre dans ses bras si l'envie l'en prenait. mais il ne fait rien. pas l'envie de l'entendre hurler quand il osera. de sentir sa main venir claquer sa joue. et elle aurait raison de le faire, c'est ça le pire.ted, il se rend compte qu'il n'a aucun droit de vouloir la prendre dans ses bras. aucun droit de s'pointer comme ça devant elle après tant de temps pour demander son du. mais il le fait quand même. rentre dans un immeuble où il ne devrait pas poser les pieds. où la porte devrait lui être fermé. mais y'a aucune porte qui ne se ferme devant lui. aucune. même celle de l'appartement. ofélia qui ne la ferme pas totalement. la laisse entrouverte. et lui, il entre. fait comme chez lui. comme quand avant. quand il vivait encore là. comme quand ils vivaient encore ensembles. observe la décoration. tout y passe. vraiment tout. du petit décollement de la tapisserie dans l'entrée au canapé dans le salon. il l'observe elle, au final. quand elle parle. quand il lui parle aussi. quand elle lui balance qu'il n'y a pas de montre ici. et c'est vrai. c'est putain de vrai. aucune montre appartenant à ted dans l'coin. tout était soigneusement rangé dans ses sacs. toutes ses affaires précieuses. ces trucs qu'il ne pourrait laisser après lui sans y retourner dès le lendemain. mais il ne peut pas lui dire ça. ruiner son argumentation. t'es sûre ? ofélia qui ne reste pas devant lui. offerte a ses yeux. elle détalle. dans la cuisine. pour déposer la tasse qu'elle gardait précieusement entre ses doigts. gamin laissé seul dans une pièce qui lui semble bien plus grande d'un coup. comme nouvelle. alors que non. y'a quelques temps, il était affalé dans un coin du canapé. coin d'ailleurs désert maintenant. comme toujours. son coin, à lui. ofélia qui a gardé sa place. vieille habitude. et ted, il marche, dans la pièce. laisse ses doigts parcourir quelques trucs. sans grand intérêt. il s'occupe. rien de plus. et finalement, elle tarde la gamine. bien trop. bien plus de temps qu'il n'en faut pour poser une tasse dans la cuisine. alors il laisse tomber son sac dans un coin. gros sac. sa vie résumée dans ce simple bagage. l'essentiel. et elle revient. hausse les épaules. et repart. aussi vite qu'elle est revenue. s'échappe dans la chambre, s'il visualise encore correctement l'emplacement des pièces. ted, il laisse son regard se poser sur la petite table basse, et il sourit. sourit en voyant le petit creux au milieu de celle-ci. cendre de sa clope qui était tombée. sur la table. dégât intemporel. ted qui était trop occupé à l'époque, pour s'rendre compte de la situation. pour se rendre compte de ce qui se passait au niveau de la table. lui, il s'amusait. déconcentrer la gamine qui essayait de bosser. moment mignon. y'en a des tas. des tas de souvenirs qui reviennent à chaque fois qu'il pose les yeux sur le moindre objet. parce que chaque bibelot a une histoire. histoire le ramenant bien souvent quelques années en arrière. fameux moment où ils l'ont acheté. mais y'a des trucs nouveaux. une nouvelle bougie, intouchée, dans un coin, par exemple.
ofélia, elle revient. avec un sac. petite couche de poussière dessus. signe qu'il a été soigneusement posé dans un coin et plus bougé depuis. elle le pose au sol. entre eux deux. s'agenouille sur la moquette pour l'ouvrir. et en sortir quelque chose. un livre. son livre. il l'a reconnu. pour l'avoir lu des dizaines et des dizaines de fois. ted, il s'était dis qu'il ne le reverrait jamais. qu'elle s'en serait débarrassé bien vite. alors il s'agenouille a son tour. en face d'elle. regard posé sur le livre. fin sourire sur les lèvres face a cette découverte. j'pensais qu't'aurais tout brûlé. mais ouais, elle est peut-être là. alors ted, il plonge sa main dans le sac. fouille. diverses textures. pour finalement en sortir une casquette. sourire qui s'agrandit. comme un gamin face à de nouveaux jouets. accessoire qu'il observe. sous toutes les coutures. casquette qu'la gamine avait pour habitude de lui voler. alors il la dépose sur le crâne de la jeune femme. t'as qu'à la garder. tu l'aimais bien. regard qu'il plonge dans le sien. bref instant. instant suffisant pourtant. suffisant pour faire passer des choses. dire qu'il est heureux de la revoir. qu'ça lui rappelle des souvenirs. des tas de souvenirs. d'être avec elle, ici. de la voir avec cette casquette sur le crâne. de se retrouver face a ces objets qu'il n'a plus revu depuis son départ. visage qu'il glisse au-dessus du sac. la montre a pas l'air d'être là. il ment. à merveille. continue son jeu. faire croire qu'il ne sait vraiment pas où il l'a mise. ted qui a bien fais de ne pas la mettre ce matin, en partant. prétexte qu'il n'aurait pas pu avoir. clairement pas. ted qui en sort de nouvelles choses. un tee-shirt. une paire de chaussures. attends, t'as réellement foutu mes chaussures avec tout ça ? mais tout doit puer la mort. et il souffle. doucement. manque de rire, aussi, d'ailleurs.
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Ofélia Bates
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MessageSujet: Re: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Jeu 8 Fév - 22:50

Elle s’en rappelle Ofélia, de ce matin où il est partit. Ca avait sonné à la porte, le genre de sonnerie qu’on active du bout des doigts hésitants. Elle était sur le canapé Ofélia, le regard plongé dans un énième bouquin. Ted était ailleurs, dans la chambre peut être, quand il avait lancé un « laisse tomber, j’y vais ». Ils s’étaient disputés la veille, encore. Elle était aller s’enfermer dans la chambre en pleurant, et il était venu la rejoindre dans le lit sans la toucher plusieurs heures plus tard. Une forme de rituelle. L’habitude de blesser l’autre, de salir son cœur, de lui abîmer les genoux, encore. Elle se rappelle Ofélia, du visage de la fille dans l’entre baillemment de la porte. Elle avait ce visage délicatement dessiné, la bouche parfaitement peinte. Elle l’avait vu quelques secondes à peine alors que le corps de Ted ne vienne la lui cacher. Elle c’était efforcer de poser les yeux sur son livre Ofélia. Elle c’était forcée à lire les même mots, plusieurs fois. Parce que sa poitrine lui hurlait que cette oiseau aux cheveux blond ne présageait rien de bon. Parce que Ted ne parlait pas suffisamment fort pour la rassurer.
Parfois, elle l’avait détesté Ted, d’être ce loup qu’il était, de refuser de comprendre pourquoi elle ne pouvait partir avec lui.
Elle l’avait détesté de marcher sur son coeur avec tant d’habileté.
Elle l’avait détesté d’être incapable de la prendre dans ses bras quand elle avait besoin d’être apaisée.
Mais elle l’avait aussi aimé, pour tout le reste.
Alors ce jour, là, si proche de lui, elle aurait pu tomber, s’effondrer dans l’abîme béant de son cœur brûlant d’un amour étouffé. Elle détestait l’amour Ofélia, de peur qu’il ne la perde, et pourtant elle l’avait laissé lui l’emporter suffisamment loin pour qu’ils apprennent à voler bien au dessus les autres.
Elle avait essayé, plusieurs fois, de ressentir à nouveau ses papillons bondissant dans le creux de son ventre. En vain.

Il glisse la casquette sur sa tête, coiffe ses cheveux défait de ce drôle de vêtement qu’il portait parfois autrefois. Elle voit ses lèvres à lui qui s’étirent dans un sourire. Elle l’entendrait presque respirer, si proche. Alors quand il éloigne sa main, elle s’éloigne avec lui. Sur le sol, elle recule, écoute les mots qu’il prononce en entamant de se lever, incapable de rester agenouillée là auprès de lui. Debout au milieu du petit salon, elle retire la casquette qu’elle vient pourtant glisser entre ses mains, la gardant serrée de peur qu’elle ne lui échappe. « j’en veux pas » qu’elle murmure. Et c’est vrai, elle n’en veut pas, de sa casquette. Elle ne veut rien de lui, seulement qu’il disparaisse. Oui, elle voudrait qu’il récupère son sac plein de poussière et qu’il disparaisse pour de bon.
Parce qu’elle sait aujourd’hui que son coeur ne résisterai pas à sa présence.
Pas une nouvelle fois.

Pourtant il continue de parler, insolent au visage de chien abandonné. Il a parfois cette étonnante légèreté, quand il sort du sac la vieille paire de chaussures qu’elle avait gardé. Elle aurait pu en rire avec lui. Mais elle ne le fait pas. Debout devant lui, elle l’observe un instant. « excuse moi de ne pas avoir prit le temps de ranger tes putains d’affaires dans des sacs bien distincts » qu’elle lance, sarcastique. Elle a le regard brûlant Ofélia, du genre qui lui hurlerait presque d’arrêter, de la regarder, de l’approcher, de lui parler, de respirer. Sa présence l’irrite tant elle la rend fragile.
Il la rend fragile.
« Tu croyais quoi, que t’allais pouvoir revenir ici chercher une montre que tu gardes sûrement rangée quelque part et faire comme si de rien n’était ? T’es encore plus con que ce que je pensais. »

Un peu plus loin dans la pièce, il a laissé son sac posé sur le sol. Un sac bien trop lourd pour son corps frêle, à l’image de celui qu’il portait sur le dos à l’époque où elle l’avait rencontré. Theodore Flores super voyageur. Ce drôle de vagabond à l’allure sauvage. Le type au sac à dos. « Qu’est ce que tu fais vraiment ici Ted ? T’as pas le droit de jouer comme ça avec les gens. Tu sais, on m’a raconté, ton mariage, ton gamin. Tu peux pas faire comme si t’étais pas partie parce que c’est faux. Tu t’es tiré Ted. C’est moi que t’as oublié ici, pas ta putain de montre ».
Dans sa poitrine y a son monstre qui hurle.
Fort, tellement fort.
Parce qu’il n’a pas le droit, pas encore.
Parce qu’il doit savoir.
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Theodore Flores
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MessageSujet: Re: des regards qui veulent tout dire. (w/ ofélia)   Ven 9 Fév - 11:44


ted et ofélia, à l'époque, ça n'avait plus grand chose de beau. ted qui étouffait et passait son temps a gueuler. gueuler sur le monde. gueuler sur la gamine. pour tout et n'importe quoi. des prises de têtes quasi quotidiennes. des regards en coin. froncements de sourcils. rarement des sourires complices. routine a laquelle ils s'étaient presque habitués au final. mais c'est pas une excuse qui justifie tout c'qu'il a pu faire. qui justifie l'fait qu'il soit allé voir ailleurs. au lieu d'essayer d'arranger les choses avec sa petite amie, il va s'perdre dans les bras d'une autre. avant que cette autre ne vienne l'arracher des bras de sa petite amie, justement. comme ça. elle lui a balancé les quelques mots sans même se soucier de la présence d'ofélia dans son dos. lui aussi a fait comme si elle n'était pas là. putain d'gamin. pour finalement prendre ses affaires. toutes ses affaires. sac sur le dos, comme au bon vieux temps, il l'a suivi. cette fille qu'il ne connaissait presque pas. tenté par l'inconnu. comme toujours. partit sans un mot pour ofélia. comme si ce n'était rien. une simple sortie dont il rentrerait le soir même. mais il n'est pas rentré ce soir là. ni le suivant. lui, il s'est parfois demandé si ofélia, elle l'attendait. attendait qu'il rentre. pendant les premiers jours au moins. gamin égoïste qui aurait aimé qu'elle regrette. qu'elle l'attende. qu'elle l'appelle. mais il ne méritait même pas ça. même pas un regard de sa part. rien du tout. au final, c'est lui qui a regretté. en partie au moins. vie qui ne lui correspondait pas. encore moins que celle-là. un gosse sur les bras. gosse même pas désiré. la bague au doigt. une femme a gérer. un foyer a gérer. les responsabilités du genre c'pas pour lui. même pas un milieu qui lui plaisait. trop aisé. s'pensant au-dessus d'tout. du moins pour la famille d'sa femme. vie qu'on lui a vendu comme parfaite. pas pour lui faut croire. clairement pas pour lui, même. papa et maman, ainsi qu'la petite soeur, invités au mariage. sans comprendre c'qu'il s'est passé. pour qu'il s'retrouve avec cette fille. mariage au drôle d'air faussé. la mini flores, elle s'est marrée en le voyant tirer la gueule a son propre mariage. y'a même des photos d'ça. souvenirs qu'il ne souhaite même pas voir. et aujourd'hui, il vient a la quête aux autres souvenirs. plus anciens. souvenirs auxquels il est bien plus attaché. des trucs marquants. des années passées ici. des années passées avec ofélia, alors qu'il ne devait rester que quelques semaines.
il se retrouve dans l'appartement. son sac dans un coin. et un second qui apparaît devant lui. les quelques affaires encore ici. celles qu'il a oublié dans la précipitation. casquette. tout d'abord. ofélia l'aimait bien avant. alors lui, il la glisse sur la tête de la gamine. en lui disant d'la garder. une sorte de cadeau. moyen d'toujours rester dans un coin d'sa tête, surtout. mais elle se recule et se lève. retire l'accessoire de sa tête en le gardant cependant entre ses doigts. prise bien ferme malgré tout. alors ted, il l'observe. sourcil qu'il arque quand son regard chute sur l'objet. tu n'veux pas cette casquette mais tu la garde pourtant bien entre tes mains. c'est qu'un cadeau, rien d'autre. j'sais que tu l'aimais bien. mais il ne s'attarde pas là-dessus. pas trop longtemps. poursuit la fouille. et tente de mettre un peu d'humour. détendre l'atmosphère. manière très maladroite de le faire. et ça ne plait guère à ofélia. qui prend bien vite parole. sarcasme a peine caché. alors ted, il fronce les sourcils et lève son regard sur elle, sans se lever tout court pour autant. c'était pour détendre l'atmosphère. qu'est-ce que j'en ai à foutre qu't'ai mis mes baskets avec des vêtements ? l'ton qui reste calme. alors qu'il pourrait parler plus fort. plus sèchement, aussi. mais non. il reste calme. presque neutre.
ofélia, elle comprend tout. et elle balance l'tout. comme si elle lisait a travers lu. comme si elle savait que depuis son arrivée, il ment, en partie. balance qu'il cherche une montre qu'il a sûrement du garder précieusement dans un coin. montre soigneusement rangée au fond d'son sac, justement. en-dessous d'une bonne couche de vêtement. et finalement, ted, il se relève. abandonnant au sol, le tee-shirt et les chaussures. t'es bien contente que j'sois là, tu peux au moins t'débarrasser de ce sac, non ? alors arêtes d'râler un peu. si tu ne voulais vraiment pas m'voir, t'aurais fermé la porte au lieu d'la laisser a moitié ouverte. alors tu veux vraiment savoir qui est l'plus con d'nous deux ? ted qui ne parle pas un seul instant de la montre; ne plus en parler, c'est sûrement mieux. mais ofélia, elle enchaîne. trouve les bons mots. évidement. ceux qui visent bien. pile là où il faut. là où il faut pour qu'il s'sente bien con ted. pour qu'il s'sente mal. alors le juene homme, il regarde un bref instant son sac. comme si c'était ce truc qui lui donnerait la réponse. avant de replonger son regard dans celui d'ofélia. et il lâche quelques mots. la réponse. la pure vérité. j'suis partis. il est partit d'ici, y'a quelques temps. et partit de là-bas, y'a quelques jours. la drôle d'impression qu'il passe son temps a s'tirer. sans prévenir. il laisse un petit silence. quelques secondes seulement. avant de reprendre parole. continuer à répondre aux mots d'la gamine. j'joue pas avec les gens. j'joue avec personne. les épaules qu'il hausse. doucement. en reprenant parole, une nouvelle fois. j'fais pas comme si je ne suis jamais partis. j'assume l'fait de m'être tiré. mais j'suis là, maintenant. j't'ai laissé là et j'aurai pas du. le moment parfait pour s'excuser. mais les mots ne sortent pas. ne sortiront peut-être jamais. trop dur à dire. et pourtant, il l'pense. fort. essaie d'le lui faire comprendre. à travers ses yeux.
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